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| 07/03/2007
Séb Michaud
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Même s'il s'est quelque peu retiré de certaines compétitions de freeride, Séb Michaud est encore et toujours l'un des freeriders les plus doués de la scène française. Loin des modes et de la frime, un personnage authentique en toutes circonstances. |
Nom : Séb Michaud Age : 34 ans Home : La Clusaz. Sponsors : Sun Valley, Scott, Dolomite, La Clusaz
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Agoride : Le ski, ça a commencé comment pour toi ? Séb Michaud : J'ai commencé à l'âge de 3 ans avec mes parents qui avaient appris peu de temps avant moi. J'ai vite eu leur niveau. J'ai skié dix ans avec eux et avec le ski scolaire à Thonon-Les-Bains. Mon père a ensuite eu un problème de genou et s'est mis au monoski. Du coup, j'ai fait comme lui de 10 à 14 ans ainsi que du trampoline et du waterjump au centre de ski accro d'Evian. Là, j'ai été repéré pour intégrer le club de ski de La Clusaz. J'y ai fait 6 ou 7 ans de ski acrobatique avant de passer en équipe de France dans les deux disciplines : saut acrobatique et ski de bosses. Après ces années de compétitions, ce fut le début de la période, où le freeride et le freestyle ont explosé, il y 10 ou 12 ans. Pour moi, le freeride est venu naturellement.
Agoride : Et professionnellement ? Séb Michaud : Ça a démarré avec Eric Berthon, créateur de Skieur Mag et Jean-Marc Favre, premier photographe avec qui j'ai shooté. En 1997, j'ai gagné le Red Bull Snow Thrill à Chamonix. Les partenaires sont venus et j'ai pu réussir à vivre de ma passion.
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A : Quel est ton attachement à ce spot de la Clusaz ? SM : J'y habite depuis l'âge de 15 ans. C'est là où j'ai fait ma vie, où j'ai rencontré mes meilleurs potes, ma femme et où je vis maintenant avec elle et mes deux enfants. C'est aussi le village de montagne où j'ai habité...avec le charme des différentes saisons. La Clusaz est une station familiale. Ce n'est pas une usine de haute altitude. En dehors des saisons touristiques, on vit quatre mois seul, avec cet « esprit » et cette « âme » de village, sans immeubles. Et puis la station est bien située, entre Annecy et Genève à moins d'une heure.
A :Avec quels skieurs as-tu l'habitude de rider ? SM : En fait, je skie souvent seul à La Clusaz. Mes bons potes sont moniteurs ou ont des commerces, donc ils n'ont pas forcément le temps d'aller skier avec moi. Je skie parfois avec Sébastien Collomb-Gros ou avec mon pote Guillaume Pollet, avec qui je fais de l'escalade l'été. Sinon, je skie avec d'autres riders pros lors des contests et des trips organisés par nos partenaires. Par exemple, là, la semaine dernière, j'étais en Turquie avec Baptiste Blanc et Thomas Diet. Vu les conditions, il fallait absolument bouger et Daniel Lafarge, le cameraman de Focus production avec qui je travaille depuis 12 ans, a organisé ce voyage.
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A :Quand as-tu réalisé que le ski pourrait devenir plus qu'un hobby ? SM : J'ai pas trop réfléchi. Quand j'ai été exclu de l'équipe de France parce que mes résultats n'étaient pas assez bons, il a bien fallu faire autre chose. Au départ, j'ai vendu des t-shirts avec des potes pour me faire de l'argent et partir sur le circuit pro américain de ski de bosses. Puis un pote du Japon m'a proposé un stage de bosses au Japon. Alors j'y suis allée, pendant 2 saisons, et c'est là où j'ai connu Eric Berthon. On a fait des séances photos pendant 2 saisons. Le Japon fini, j'ai alors suivi mes partenaires qui prenaient la voix du freeride. Tremplins, film freeride pour Dynastar, et puis voila, les contrats avec les partenaires, les parutions, les films, ça me plaisait. Maintenant, tant que j'ai la santé, le plaisir, et les partenaires, j'ai pas de raison d'arrêter.
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A : Cette dimension professionnelle a-t-elle modifié ta façon de voir le ski ? SM : Non, c'est plus la façon de faire du ski. Le ski, c'est toute ma vie : d'abord, avec mes parents, ensuite avec les compétitions, puis enfin le hors piste. Ma vision n'a pas changé. J'ai toujours été bercé dans le domaine du ski hors pistes.
A : N'y a-t-il que des avantages à être payé pour rider pour les marques ? SM : oui, il n'y a que des avantages. Je n'ai jamais pris d'agent pour gérer ma carrière. J'aime ça, j'en vis. Maintenant, j'ai ma vie de famille et au niveau de l'argent, je m'en fiche. Tout le reste de mon temps, je le vis avec mes enfants. Il n'y a pas d'inconvénient à être payé pour aller faire du freeride. C'est un job comme un autre. C'est une chance, oui, mais en même temps, tu prends des risques. On me paye pour le faire. Tant mieux !
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A : Quels sont les ingrédients nécessaires pour faire les meilleures sessions freeride ? SM : Une belle journée, de la poudreuse, si il n'y a pas eu trop de vent avant, être en forme, une bonne paire de ski au pied et puis voilà ! Non, surtout, ce sont les conditions de neige qui sont importantes. Faut pas s'enflammer tout de suite après une chute de neige. Dans les magazines, on apporte du rêve. On donne envie. Du coup, les gens veulent sortir des pistes trop vite, sans réfléchir. Et ça crée plus d'accidents. Il faut connaître le matériel de sécurité mais surtout savoir s'en servir : ARVA, sonde, pelle. Il faut y aller au bon moment, après quelques jours de stabilisation, en s'informant auprès des pisteurs. Parfois, Il faut savoir être patients.
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A : Quelle est la part d'improvisation et la part de calcul/préparation quand tu décides de tracer une ligne sur une face inconnue ? SM : Toujours 100% d'évaluation du risque. On évolue sur des terrains instables donc on n'est jamais à l'abri d'une avalanche. Parfois, il arrive qu'on se trompe sur une ligne de pente. Dans ce cas-là, il faut savoir refuser pour trouver une échappatoire. Si, on connaît vraiment bien l'endroit, les conditions, on sait qu'à tel endroit y a une barre rocheuse, là c'est bon, on peut improviser sur quelques sauts. Mais c'est toujours des petites improvisations... sinon je ne serais plus là ! En fait, on fait surtout beaucoup de repérages. On visionne le terrain avec les jumelles, on va voir en dessous s'il y a assez de neige pour la réception par exemple, ou parfois c'est l'expérience qui nous guide aussi.
A : Y a-t-il une place pour la peur quand tu décides de dropper ? SM : Oui, toujours. Au début d'un contest, par exemple. Mais pour moi, la peur se transforme en quelque chose de positif. Je me concentre, c'est en quelque sorte de l'adrénaline bien utilisée. Et puis, une fois que tu es lancé, il n'y a plus de peur. Tu sais exactement ce que tu vas faire.
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A : Quelle a été ta plus grande frayeur en ski ? SM : J'ai été pris 2 ou 3 fois dans des petites avalanches. Là, il faut que tu essayes de t'en sortir par tous les moyens : garder les skis vers le bas et la tête en haut, accrocher la carre et croire en ta chance. Une fois, je me suis retrouvé la tête en bas. Dans ce genre de cas, tu dois subir l'avalanche. Mais tu as la rage de t'en sortir. Il ne faut pas que tu te laisses aller. Il faut que tu optimises le peu de chance que tu as.
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A : Ta position sur les contests de freeride ? Tu y participes toujours régulièrement ? SM : J'ai fait 6 ans de compétitions en ski acrobatique. Avec un certain talent, j'y suis arrivé mais le ski accro m'a vachement aidé : au niveau de la condition physique, c'est sûr, mais surtout au niveau de la concentration. Pendant les contests de freeride, je n'avais plus besoin de faire des résultats. Arriver 10ème ou 12ème c'était pareil. Aujourd'hui, oui, j'ai toujours envie d'en faire. Sur le World Tour, les conditions sont trop difficiles. Il y a un gros niveau et il y a beaucoup de monde. Ça m'intéresse moins qu'avant. Maintenant, je fais le contest de Verbier, le Big Mountain Pro. Ce sont des contests bien organisé avec moins de riders, nous sommes invités. La descente du Bec des Rosses à l'Extrême de Verbier, c'est mythique.
A : Dorénavant, préfères-tu te focaliser sur les contests ou sur les tournages ? SM : Sur les tournages. Je fais juste 3 compétitions dans la saison. Le reste, c'est les voyages, et le plus de diffusions possibles. Pour les contests, tu ne choisis ni le jour, ni les conditions. Alors que pour un tournage, tu peux choisir la meilleure journée et... tu fais ta trace.
A : Quels ont été les meilleurs moments de ta saison 2006 ? SM : Mon voyage au Cachemire. Pas pour le ski, mais plus pour la découverte du Cachemire. L'extrême de Verbier aussi. Et 3 jours de tournages à La Clusaz. J'étais tout seul à rider et à faire des traces. C'étaient mes meilleurs moments... j'ai pu rider sans trop de dangers des superbes faces que j'avais repérées depuis longtemps.
A : Quel est ton programme pour cette saison ? SM : Y a déjà eu la Turquie, la semaine dernière. Maintenant, à venir, y a le film Apocalypse Snow, le Big Mountain Pro, l'Extrême Verbier, et puis je continue avec Focus production. On prévoit prochainement de sortir un film de 52 minutes avec 10 ans de mes images.
A : Séb Michaud dans 20 ans ? SM : Plein d'arthrose et tout voûté ! Je ne sais pas... freerider professionnel ? Pour l'instant, je n'ai pas d'autre idée.
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