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Les clichés de " Midnight Express " sont bien présents dans les esprits avant de partir mais même si dans ce film on parle de " trip ", le nôtre fut différent. La drogue que nous sommes allés chercher, c´est la poudre, enfin, la neige, quoi ! Ainsi en janvier 2000, nous partons à quatre, Simon Favier et Marco Sifredi pour le snowboard, Bruno Compagnet et moi-même (Romain Raisson) pour le ski, tous du team Salomon. Nous sommes accompagnés par Séb Léon, artiste photo, pour fixer les images du trip. Nous avons pour guide deux autochtones pour qui le free-ride devait sans doute être un rodéo californien ou le nom d´un site internet ils ont vite compris.
Avant de partir rider les pentes des stations, nous faisons une halte à Istanbul. Cette ville est énorme (5,5 millions d´habitants) et on y trouve autant de mosquées que de dread locks sur la tête de Bruno, c'est-à-dire beaucoup. Cette métropole est très vivante et grouille de monde. On peut manger partout pour rien et plutôt bien. On peut aussi fumer le célèbre narguilé avec des tabacs aux nombreux arômes. Ainsi dans les bars, on joue au Bacgamon pour se décontracter tout en respirant la douce fumée bien moins nocive que celle d´une cigarette. Par contre, l´alcool n´est pas vendu dans ces établissements.
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Avec le bus d´un de nos deux compagnons de route, nous montons dans la station de " Uludag ", à quatre heures de route d´Istanbul. Logés dans un hôtel situé sur les pistes, nous profitons de la neige tombant sans discontinuer. Bien sûr, cela fait le bonheur de nos spatules mais l´infortune de l´objectif de Séb qui nous shoote quand même sur les infrastructures de la station. Les gens plus qu´accueillants sont vraiment sympas mais semblent effrayés par notre style peut-être un peu trop new new-school pour eux. Les pistes ne sont pas gérées par un seul organisme mais par des particuliers. Certains des plus beaux espaces appartiennent à l´armée et sont donc réservés aux militaires et à leurs proches qui viennent y passer leurs week-ends. Il faut donc payer pour chaque remontée empruntée. Préférez à ce système le mot magique " Kayak Champion " signifiant champion de ski. Le fait d´être pro. nous dispense d´acheter le forfait. Mais n´oubliez tout de même pas de sourire, comme toujours, un laisser passer international. Pour finir avec cette station, la faible déclivité des pentes et le mauvais temps nous auront empêché de rider au sens extrême du terme mais nous nous serons tout de même bien marrés.
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Demander à un Turc de rouler sur une route verglacée équivaut à demander à Maïté de descendre la piste de Kitzbühel en luge, autrement dit, c´est pas gagné. Et bien il a fallu affronter 500 km sous la neige pour arriver à Katalkaya, notre deuxième destination. Nous avons malheureusement pu observer les dégâts occasionnés par le tremblement de terre. Hallucinant ! Les gens campent au pied de leurs maisons sans vouloir rentrer à l'intérieur. Sinon le voyage fut folklorique avec des embouteillages en pagaille et même des loups traversant la route. Qui oserait alors mettre les chaînes ? Nous allons enfin trouver un peu plus de pente dans cette station. Associée au soleil, la poudre idyllique tombée en masse nous permet de passer de bons moments. Enfin quelques sauts ! La neige au-dessus de la tête et Séb plus que satisfait. Simon et Marco prennent même les deux premières places d´un boarder-cross organisé sur place, Salomon represent ! Cela nous donnera l´occasion de nous faire une bonne bringue le soir.
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Si le ski en Turquie est réservé aux hautes classes de la société, entraînant de ce fait des tarifs élevés, on peut trouver de belles pentes à glisser avec en plus des gens très accueillants. Après Kartalkaya, Simon et moi rentrons en France alors que nos trois compagnons poursuivent leur trip plus à l´est à la recherche de spots secrets
Texte : Romain Raisson Photos : Séb Léon
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