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Agoride : Qui es-tu Jérémie Bonnemaison ? Jérémie Bonnemaison : J'ai 24 ans, je vis à Nice et je ride à Auron, petite station mais gros potentiel. Ça fait maintenant plus de 10 ans que je ride en me faisant toujours autant plaisirs. Mes sponsors sont Rossignol, Spy Optic et Konass.
A : Alors, comment ton été s'est passé ? JB : Ben, vu que je ne gagne pas assez d'argent avec le snowboard, j'ai dû travailler tout l'été. J'ai juste ridé une petite semaine aux 2 Alpes avec mes sponsors comme chaque année pour faire quelques images.
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A : Ça fait du bien de faire un break avec le snowboard ? JB : L'été, quoi qu'il arrive, je fais un break. L'hiver, on est toujours à la montagne, et on n'a pas trop le temps de voir les potes qui ne rident pas.
A : La vie est belle à Nice ? JB : J'habite à Nice depuis presque 15 ans. C'est une ville que j'aime beaucoup. Si tu connais les bons plans, il y a des tonnes de choses à faire, et quand arrive l'été, tout se transforme. Les gens sont agréables à vivre et aiment s'amuser.
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A : Lorsqu'on habite une ville aussi agréable, et que l'été arrive, on doit sûrement avoir du mal à se motiver pour retourner sur la neige et aller aux camps d'été, non ? JB : C'est sûr que c'est plus dur que si tu habites à Grenoble (eh, qu'est-ce t'as contre Grenoble, mec ?). Entre la mer, le beau temps, les soirées et les belles filles, tu as le choix. Mais je suis quand même toujours motivé pour une bonne session.
A : Est-il plus difficile de se faire une place dans le snowboard que si l'on habite Grenoble ou Annecy ? JB : Je pense que c'est un peu plus dur mais si tu es bon, tu peux venir de Babeloued, il y aura toujours quelqu'un qui te remarquera. Et puis on commence aussi à être connus dans le sud.
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A : Il y a quelques années, tu te consacrais quasi uniquement au pipe et aux compétitions. Qu'est-ce qui t'a fait changer d'orientation ? JB : Et d'une, faire une seule discipline toute la journée, c'est assez lassant. De deux, j'aime vraiment tout faire. Je peux te dire que je préfère un million de fois me faire une courbe dans un mètre de fraîche que de rider le meilleur pipe du monde. Et puis tout est complémentaire et amusant à apprendre.
A : Depuis quelques temps, tu rides aussi beaucoup de rails. C'est quelque chose que tu as découvert récemment ? JB : C'est vrai que ça ne fait pas très longtemps que je me suis mis aux rails, mais j'adore ça. C'est une autre approche du snowboard qui amène d'autres sensations et qui fait évoluer le sport.
A : A l'heure d'aujourd'hui, quels sont tes objectifs de snowboarder ? JB : Toujours beaucoup de big airs et de rails, tout en me remettant plus au pipe en vue des J.O. J'aimerais bien gagner ma place pour Turin. Et aussi bien sur, quelques traces dans de la bonne neige de temps en temps. Mais je vais quand même rester un peu chez moi, car j'ai un shop à Auron maintenant, et ça demande quand même du travail.
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A : Justement, ce shop... qu'est-ce qui t'a donné envie de tenter l'aventure ? JB : J'ai ouvert un shop pour faire un peu avancer les choses chez moi. Il n'y avait pas de shop où on pouvait te donner un bon conseil et où simplement trouver du bon matos. Nous, on sait de quoi on parle et on sait pourquoi on le fait. On n'est pas des épiciers à essayer de faire le plus de tunes possible et arnaquer la première personne qui passe. Et ensuite, c'est vrai que quand tu as un shop, tu as un œil plus avisé sur le marché et tu peux mieux comprendre comment marche ce petit monde.
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A : Quels sont les snowboarders avec qui tu aimes rider ? JB : Les sessions que je préfère sont celles avec les gars de chez moi ; mes cousins Yann et Morgan Le Faucheur, Renan, la Sibone, Kafi et d'autres encore. On part le matin au park, on ride un peu, on mange, et après on envoie du gros tout le reste de la journée. Ensuite on rentre, et on regarde les images qu'on a tournées. Il y a aussi tous gars du team, et plein d'autres encore. En fait j'aime rider avec les gens motivés qui te poussent à progresser.
A : Les côtés positifs et négatifs du snowboard aujourd'hui ? JB : Ce qui devient un peu chiant, c'est qu'il y a de plus en plus d'argent en jeu, et donc qui dit plus d'argent, dit plus de contraintes, plus d'obligations, etc... Mais il reste malgré tout un bon esprit dans l'ensemble. Et puis ce qui est bien, c'est que les jeunes ont de plus en plus d'infrastructures pour pouvoir mieux progresser.
A : Comme chacun sait, après des années de croissance, le marché du snowboard est aujourd'hui en période de crise. Selon toi, que faudrait-il faire pour relancer les choses ? JB : Déjà, il faudrait donner au grand public une meilleure image du snowboard. Je prends l'exemple du film Snowboarder : comment veux-tu qu'un père qui a vu ce film envoie son fils de 10 ans dans un tel milieu. Il faut montrer aux jeunes et à leurs parents que c'est un sport ludique. Certes il y a des risques, mais maintenant il y a de bonnes stations, avec de bons clubs, de bonnes infrastructures et un bon encadrement. Venez à Auron et vous verrez.
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A : De plus en plus de petites marques snowboard sont en difficulté. Même des grosses compagnies doivent réduire leurs effectifs. Ne crains-tu pas qu'il y ait beaucoup de désillusions dans les années à venir, tout du moins pour les gens qui veulent vivre professionnellement du snowboard ? JB : C'est toujours la même chose, le sport évolue et de plus en plus de contraintes arrivent. Comment veux-tu qu'une marque comme A-Snow rivalise avec Burton, qui met plus d'argent dans la communication que A dans toute l'entreprise. C'est comme pour la nature, c'est le gros poisson qui mange le petit.
A : Comment imagines-tu ton avenir professionnel ? JB : Je ne sais pas encore. Plus tard, je vais sûrement essayer d'intégrer une marque et aider à la développer. J'aimerais bien travailler aussi en événementiel. Nous verrons bien.
Photos : Fabien Lamborot
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